FinOps : Calcul du coût du CPU, de la RAM et du stockage dans une infrastructure hybride
La gestion efficace des coûts informatiques dans une infrastructure hybride est l'un des défis majeurs pour les entreprises modernes. Les organisations utilisant une combinaison de centres de données sur site, de clouds privés et publics, sont confrontées à la nécessité de déterminer précisément le coût de chaque ressource informatique. Sans un modèle de tarification transparent, il est impossible d'allouer correctement les dépenses, de comparer l'efficacité des différents environnements et de justifier les coûts. Cet article propose une approche pratique pour calculer le coût unitaire du CPU, de la RAM et du stockage, en se concentrant sur les systèmes de virtualisation privés, le segment le plus complexe à évaluer dans le cadre des pratiques FinOps et de la gestion financière des TI (ITFM).
Introduction au FinOps et aux défis de l'infrastructure hybride
Dans un environnement où l'infrastructure informatique d'une entreprise s'étend sur des centres de données sur site, de la virtualisation privée et plusieurs clouds publics, la question de la comptabilisation et de l'allocation des coûts transcende une simple tâche comptable pour se transformer en un problème stratégique. Les concepts de FinOps (Financial Operations) et d'ITFM (IT Financial Management) deviennent d'une importance capitale pour assurer la transparence financière et optimiser les dépenses informatiques. Alors que les coûts des équipements achetés pour un projet spécifique sont facilement attribuables, et que les coûts du cloud public sont déterminés par le fournisseur, les systèmes de virtualisation privés présentent la plus grande complexité. Ici, le prix d'une ressource n'est pas évident et nécessite un calcul détaillé, prenant en compte les coûts matériels, la redondance, les taux de surabonnement et l'infrastructure associée. L'objectif de cette approche est de créer un modèle qui non seulement calcule ces chiffres, mais permet également de les utiliser pour allouer les coûts aux centres de profit et de perte, pour la budgétisation et pour la planification stratégique.
Commençons par une décomposition de base du coût d'un serveur typique, qui constitue le fondement de la virtualisation privée. Pour simplifier, nous supposerons que le cluster de virtualisation est composé de serveurs identiques. Supposons que chaque serveur soit équipé de deux CPU, chacun avec 64 cœurs, et de 1024 Go de RAM. Le coût total d'un tel serveur comprend plusieurs composants clés :
- Coût de la mémoire (RAM).
- Coût des processeurs (CPU).
- Coût de la plateforme (carte mère, cartes réseau, châssis, alimentations et autres composants assurant la fonctionnalité du système).
Connaissant le coût total du serveur et le ratio de prix de ses principales pièces, des coefficients d'attribution peuvent être dérivés. Par exemple, si K_CPU = 0.32, K_RAM = 0.5 et K_Platform = 0.18, cela signifie que 32 % du coût du serveur est attribué au CPU, 50 % à la RAM et 18 % à la plateforme. Ces coefficients permettent de déterminer le coût net de chaque composant.
Méthodologie de décomposition des coûts matériels du serveur
Pour déterminer le coût de base d'un seul cœur de CPU et d'un seul gigaoctet de RAM, les coefficients susmentionnés doivent être utilisés. Supposons que Prix_serveur soit le coût total du serveur. Alors le coût net des composants peut être calculé comme suit :
- Coût net d'un cœur de CPU (Cœur_c) :
1 Cœur_c = (Prix_serveur - (K_RAM Prix_serveur + K_Platform Prix_serveur)) / Nombre_de_cœurs_par_serveur
En utilisant les coefficients et le nombre de cœurs (64) du texte original, la formule serait la suivante :
1 Cœur_c = (Prix_serveur - (0.5 Prix_serveur + 0.18 Prix_serveur)) / 64
- Coût net d'un gigaoctet de RAM (Go_RAM_c) :
1 Go_RAM_c = (Prix_serveur - (K_CPU Prix_serveur + K_Platform Prix_serveur)) / Volume_RAM_par_serveur
Compte tenu des coefficients et du volume de RAM (1024 Go) :
1 Go_RAM_c = (Prix_serveur - (0.32 Prix_serveur + 0.18 Prix_serveur)) / 1024
Ces formules fournissent un coût initial, brut, pour chaque ressource. Il est important de noter que ces calculs sont basiques et ne tiennent pas compte de toutes les nuances du fonctionnement réel. Cependant, ils jettent les bases d'un affinement ultérieur des coûts des ressources informatiques.
Prise en compte de la haute disponibilité et des taux de surabonnement
Dans les systèmes de virtualisation réels, des coefficients supplémentaires doivent être pris en compte pour refléter les exigences de tolérance aux pannes (HA - Haute Disponibilité). Ces coefficients augmentent le coût effectif des ressources, car une partie de la capacité est réservée et ne peut pas être utilisée pour les charges de travail primaires. Par exemple, si 50 % du CPU et 20 % de la RAM sont réservés pour la HA, cela signifie que seules les ressources restantes sont disponibles pour héberger des machines virtuelles. Ainsi, le coût effectif de chaque cœur ou gigaoctet de mémoire disponible augmente.
Au-delà de la haute disponibilité, un paramètre important est le taux de surabonnement (ou surallocation). La surallocation est le rapport entre les ressources virtuelles allouées et les ressources physiques. Par exemple, un taux de surabonnement CPU de 2,5 signifie que 2,5 cœurs virtuels peuvent être alloués pour chaque cœur physique. Pour la mémoire, la surallocation n'est généralement pas utilisée ou appliquée avec une grande prudence en raison de son impact direct sur les performances. Compte tenu de ces facteurs, le coût ajusté des ressources sera le suivant :
- Coût ajusté d'un Cœur (Prix_1_Cœur) :
Prix_1_Cœur = (1 Cœur_c + 1 Cœur_c * Coefficient_HA_CPU) / Coefficient_surabonnement_CPU
Par exemple, avec 50 % de HA et un taux de surabonnement de 2,5 :
Prix_1_Cœur = (1 Cœur_c + 1 Cœur_c * 0.5) / 2.5
- Coût ajusté d'un Go de RAM (Prix_1_Go_RAM) :
Prix_1_Go_RAM = 1 Go_RAM_c + 1 Go_RAM_c * Coefficient_HA_RAM
Par exemple, avec 20 % de HA (sans surabonnement) :
Prix_1_Go_RAM = 1 Go_RAM_c + 1 Go_RAM_c * 0.2
L'application de ces coefficients permet une évaluation plus réaliste des coûts des ressources informatiques, en tenant compte des exigences de stabilité et de l'efficacité d'utilisation de l'infrastructure. En conséquence, un certain nombre de vCPU (CPU virtuels) et de Go de RAM peuvent être dérivés d'un serveur typique, qui seront ensuite alloués aux centres de profit et de perte en fonction des prix calculés. Par exemple, à partir d'un serveur avec 64 cœurs physiques, une réservation de 50 % et un taux de surabonnement de 2,5, nous obtenons (64 (1 - 0.5)) 2.5 = 80 vCPU. Si les données initiales étaient de 107 vCPU et 855 Go de RAM, comme dans l'exemple, c'est déjà le résultat de l'application de tous les coefficients aux ressources physiques d'origine.
Calcul des coûts de stockage de données et d'infrastructure auxiliaire
En plus du CPU et de la RAM, une ressource clé dans l'infrastructure informatique est le stockage de données. Le coût d'un Go de SAN (Storage Area Network) nécessite également un calcul distinct, incluant des coefficients d'ajustement. Par exemple, un coefficient de 30 % pourrait être pris en compte pour la redondance, les frais généraux ou d'autres coûts opérationnels associés au SAN. La formule de calcul pourrait ressembler à ceci :
Prix_1_Go_SAN = Prix_SAN / (Volume_SAN - Volume_SAN * Coefficient_ajustement)
Ou, si le coefficient est appliqué au prix final :
Prix_1_Go_SAN = (Prix_SAN / Volume_SAN) * (1 + Coefficient_ajustement)
Il est important de comprendre que les systèmes de stockage de données varient considérablement selon leur classe (par exemple, All-Flash, Hybride, HDD), leurs performances et leurs fonctionnalités, ce qui a un impact direct sur leur coût. Un calcul détaillé pour différentes classes de SAN peut être significativement plus complexe et nécessite une décomposition plus approfondie des coûts.
Au-delà des ressources informatiques de base et du stockage, le coût de l'infrastructure auxiliaire, telle que l'équipement réseau et les systèmes de sauvegarde de données, doit être pris en compte. Par exemple, le coût d'utilisation de l'équipement réseau peut être calculé sur la base du coût par port, mais souvent, par souci de simplicité, il est réparti uniformément entre les centres de profit et de perte, de manière similaire aux coûts des services publics. Le coût des systèmes de sauvegarde de données, quant à lui, peut être lié au volume de données stockées. Si tout est inclus dans les sauvegardes, le coût supplémentaire des systèmes de sauvegarde de données peut être calculé sur la base du volume de données consommées avec un coefficient spécifique (par exemple, 0,67, qui pourrait tenir compte des coûts de licence, de l'équipement et des opérations).
Il est important de noter que les calculs présentés ici sont simplifiés et visent à démontrer les principes de tarification de base. Dans des conditions réelles, le ratio des coûts des composants, leurs configurations et les prix d'approvisionnement peuvent varier considérablement. Le maintien de coûts de ressources à jour nécessite un examen et un ajustement réguliers des coefficients, basés sur la dynamique du marché et les besoins internes. Une approche FinOps complète implique une surveillance et une optimisation continues des coûts à tous les niveaux de l'infrastructure informatique.
Points clés à retenir
- Décomposition des coûts : Un calcul précis des coûts des ressources informatiques dans les environnements hybrides nécessite une décomposition détaillée des coûts du matériel, en particulier pour la virtualisation privée.
- Prise en compte de la haute disponibilité : Les coûts des ressources doivent inclure des coefficients pour assurer la haute disponibilité et la tolérance aux pannes, car une partie de la capacité est réservée.
- Taux de surabonnement : L'application de taux de surabonnement (en particulier pour le CPU) optimise l'utilisation des ressources physiques, mais nécessite une comptabilisation correcte dans la tarification.
- Stockage et systèmes auxiliaires : Le calcul du coût du stockage de données et de l'infrastructure auxiliaire (réseaux, systèmes de sauvegarde de données) est également essentiel pour une image complète des coûts et peut être réparti proportionnellement ou comme des services utilitaires.
- Modèle dynamique : Le modèle de calcul des coûts doit être flexible et régulièrement mis à jour pour refléter les prix actuels du marché, les configurations d'équipement et les besoins internes de l'entreprise.
— Editorial Team
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