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Un dispositif pour chasser les éruptions solaires dans la gamme térahertz sera installé sur l'ISS

Le 27 mai 2026, les cosmonautes ont installé le télescope Sun-Terahertz sur l'ISS pour observer les éruptions solaires dans une gamme auparavant inaccessible. Le dispositif comble une lacune critique dans la prévision météo spatiale et permet à la Russie de créer un interféromètre sol-sol unique. Cela offre des avantages pour la préservation des satellites et peut être utilisé à des fins de défense.

Chasse aux éruptions solaires : pourquoi la Russie a besoin d'un télescope térahertz sur l'ISS
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Télescope térahertz installé sur l'ISS pour traquer les éruptions solaires

Le 27 mai, des cosmonautes installeront le télescope « Solnze-Terahertz », qui scrutera des couches jusqu'ici inaccessibles de l'atmosphère solaire pour une prévision météorologique spatiale précise.


[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment

Le 27 mai 2026, à 17h15 heure de Moscou, les cosmonautes Sergueï Kud-Sverchkov et Sergueï Mikaev effectueront une sortie extravéhiculaire pour installer le radiotélescope « Solnze-Terahertz » sur le module Zvezda. La description officielle est « étudier des couches jusqu'ici inaccessibles de l'atmosphère solaire pour la prévision météorologique spatiale ».

Mais sous ce vernis académique se cache quelque chose de bien plus pragmatique. Il s'agit de combler une lacune critique dans le système d'alerte précoce mondial contre les tempêtes spatiales — une lacune que toutes les nations spatiales exploitent depuis des années pour calibrer leurs satellites espions.

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Un fait simple que les médias passent sous silence : la gamme térahertz (0,4–12 THz) est la seule fenêtre du spectre électromagnétique à travers laquelle on peut observer les processus à des altitudes de 300–1000 km au-dessus de la photosphère solaire. C'est là que naissent les éjections de masse coronale qui, 15 à 30 minutes après une éruption, bombardent la Terre de particules chargées. Ces particules détruisent l'électronique des satellites en orbite basse, aveuglent les capteurs et rendent la reconnaissance optique inutilisable pendant 2 à 6 heures.

Personne ne veut admettre que « Solnze-Terahertz » n'est pas tant un instrument scientifique qu'un outil de renseignement météorologique. Des prévisions météorologiques spatiales précises permettent de basculer rapidement les satellites en mode de protection, préservant ainsi leur capacité opérationnelle. Celui qui dispose de telles prévisions gagne la guerre spatiale avant même qu'elle ne commence.

Chronologie et contexte

L'appareil de 47 kg doté de huit canaux de fréquence a été développé pendant plus d'une décennie à l'Institut de physique Lebedev de l'Académie des sciences de Russie (ASR) sous la direction du Dr Vladimir Makhmutov. L'équipement a été livré à l'ISS par le cargo Progress MS-33 en mars 2026.

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Tout au long du mois d'avril, les cosmonautes ont effectué des tests à l'intérieur de la station, en installant les câbles reliant l'équipement à une plateforme de pointage à deux axes sur le module Zvezda. Le retard de plusieurs mois par rapport aux plans initiaux était dû au report du lancement du Progress de décembre 2025. Mais aujourd'hui, la sortie extravéhiculaire a lieu, et le télescope commencera son fonctionnement automatique immédiatement après l'installation.

Autre point important : en même temps que « Solnze-Terahertz », les cosmonautes démonteront la cassette de l'expérience « Ekran-M » contenant des cristaux d'arséniure de gallium cultivés en microgravité. Ce n'est pas un hasard. L'arséniure de gallium est la base des systèmes radar de nouvelle génération fonctionnant à des fréquences allant jusqu'à 300 GHz. Les cristaux cultivés en microgravité présentent 30 à 40 % de défauts de réseau en moins que ceux produits sur Terre. Leur étude permettra un bond quantique dans la création de récepteurs térahertz au sol, actuellement le principal goulot d'étranglement pour la construction d'un système complet de surveillance solaire (télescope orbital + stations d'étalonnage au sol).

Qui gagne et qui perd

La Russie gagne — et pas seulement en termes de prestige. Après l'installation de « Solnze-Terahertz » sur l'ISS, la Russie disposera d'un canal spectral unique pour l'observation solaire que ni les États-Unis (la mission PUNCH est lancée mais ne possède pas de capteurs térahertz) ni la Chine (ASO-S « Xihe » opère en rayons X et UV) ne possèdent. Selon Youri Yassyoukevitch, directeur adjoint de l'Institut de physique solaire-terrestre SB RAS, les données du télescope seront recoupées avec celles de l'héliographe radio sibérien et du RATAN-600, permettant de reconstruire la structure tridimensionnelle des éruptions solaires avec une précision sans précédent.

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La FIAN (Institut de physique Lebedev) et la science académique russe gagnent. Le projet décennal porte enfin ses fruits. Pour l'institut, c'est un argument de poids dans les allocations budgétaires pour les 5 à 7 prochaines années.

RSC Energia et les fabricants des combinaisons spatiales Orlan-MKS gagnent. La sortie extravéhiculaire du 27 mai est la première de 2026, la deuxième dans la carrière de Kud-Sverchkov et la première pour Mikaev. L'expérience du travail extravéhiculaire réel avec du nouvel équipement est un atout inestimable.

La NASA perd — pas directement, mais indirectement. L'agence spatiale américaine ne dispose d'aucun instrument similaire sur l'ISS. Le seul télescope solaire térahertz de l'histoire (STIX à bord de Solar Orbiter de l'ESA) a une gamme beaucoup plus étroite et opère depuis une orbite héliocentrique, pas en orbite terrestre basse. Le segment russe de l'ISS devient non seulement un module de vie, mais une plateforme d'observation stratégique.

Les opérateurs de satellites commerciaux (SpaceX Starlink, OneWeb, Iridium) perdent. Ils sont les premiers clients des prévisions météorologiques spatiales. Une éjection de masse coronale d'un milliard de tonnes de plasma peut détruire l'électronique de dizaines de satellites en un seul passage. Aujourd'hui, la précision de la prédiction de tels événements est d'environ 60 à 70 %. Les données de « Solnze-Terahertz » pourraient la porter à 85–90 %, économisant des centaines de millions de dollars en équipement. Mais cela n'arrivera pas avant 12 à 18 mois d'accumulation de données statistiques.

Ce que les médias ne disent pas

La principale information non évidente : l'efficacité maximale de « Solnze-Terahertz » n'est pas atteinte seul, mais en conjonction avec l'infrastructure au sol, et la Russie est le seul pays à disposer de cette combinaison.

L'atmosphère terrestre absorbe complètement le rayonnement térahertz. C'est pourquoi le télescope est placé dans l'espace. Mais il existe une anomalie : les déserts de haute altitude à l'air extrêmement sec transmettent une partie du signal.

L'un de ces endroits est le pic Khulugaisha en Bouriatie, où l'Institut de physique solaire-terrestre SB RAS exploite depuis de nombreuses années une station de rayons cosmiques. À proximité, un télescope térahertz au sol est en construction, qui sera calibré par rapport à l'orbital « Solnze-Terahertz ». Il existe deux autres sites potentiels pour une telle combinaison : le désert d'Atacama au Chili (où se trouve le réseau ALMA, mais il opère dans la gamme millimétrique, pas térahertz) et le plateau tibétain (où la Chine manque actuellement d'infrastructures développées).

Ainsi, la Russie ne crée pas seulement un instrument unique sur l'ISS, mais un interféromètre térahertz sol-espace, sans équivalent dans le monde. Cela permettra non seulement de voir les éruptions solaires, mais aussi de les localiser dans l'espace tridimensionnel de l'atmosphère solaire avec une précision de l'ordre de la dizaine de kilomètres. Cela, à son tour, permettra de prévoir non seulement le fait d'une éruption, mais aussi sa puissance, sa direction et l'heure d'arrivée du plasma sur Terre avec une précision de 10 à 15 minutes.

Deuxième point : l'expérience est conçue pour 2 à 3 ans. Cela signifie que d'ici 2028–2029, la Russie disposera d'un algorithme de prévision météorologique spatiale prêt pour une utilisation industrielle. La commercialisation de ce produit via Roshydromet ou des contrats d'exportation pourrait générer des dizaines de millions de dollars par an.

Prévisions : 30 et 90 prochains jours

30 jours :

À la mi-juin 2026, « Solnze-Terahertz » transmettra ses premières données spectrales sur Terre. Ce sera le moment de vérité : les huit détecteurs fonctionneront-ils normalement, l'optique évitera-t-elle l'aveuglement en cas d'exposition directe au soleil (un problème rencontré par certains télescopes à rayons X au démarrage), et le rapport signal/bruit sera-t-il suffisant pour des conclusions scientifiques ?

Attendez-vous à des publications dans des revues comme l'Astronomical Journal ou même Nature avec les premières courbes spectrales de la couronne solaire dans la gamme térahertz. Pour les scientifiques de l'institut, ce sera le résultat le plus cité des cinq dernières années.

De plus, un accord interagence entre l'ASR et le ministère de la Défense est probable, concernant la fourniture régulière des données de « Solnze-Terahertz » pour les besoins des Forces spatiales. Formellement — pour « assurer la sécurité des engins spatiaux militaires ». En pratique — pour créer le premier système d'alerte de combat russe contre les attaques spatiales (non pas de missiles, mais électromagnétiques).

90 jours :

D'ici la fin août 2026, on s'attend à ce que la première puissante éruption solaire de classe X (la catégorie la plus élevée) soit enregistrée par l'instrument à son stade de début, 15 à 20 minutes avant que les satellites traditionnels GOES ou SOHO ne la détectent. Ce sera un triomphe pour les astrophysiciens russes et une source d'envie pour les concurrents occidentaux.

Si cela se produit, des conséquences politiques suivront : la NASA demandera des fonds supplémentaires au Congrès américain pour son propre télescope térahertz sur l'ISS. Mais une telle décision prendra au moins 18 mois, et la construction du télescope 5 à 7 ans. Pendant tout ce temps, le « Solnze-Terahertz » russe restera unique en son genre.

Si aucune éruption forte ne se produit dans les trois prochains mois, les scientifiques se concentreront sur l'accumulation de données de fond, et la percée sera retardée jusqu'au pic de l'activité solaire (attendu en 2028–2029). Mais le 27 mai 2026 est le jour où la Russie, discrètement, sans fanfare, mais stratégiquement, a pris de l'avance dans la course à la météorologie spatiale. Et c'est bien plus important que n'importe quel Starship ou ordinateur quantique chinois.

— Editorial Team

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