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Achat de 2 milliards de dollars d'Intel pour Habana Labs : Stratégie contre Nvidia

Intel a officiellement achevé l'acquisition de la startup israélienne d'IA Habana Labs pour 2 milliards de dollars, renforçant sa gamme de processeurs IA pour centres de données. Les raisons de l'abandon de Nervana, le rôle de l'interconnexion Ethernet et les aspects géopolitiques sont analysés. L'article évalue également l'impact de l'accord sur la concurrence avec Nvidia et AMD.

Intel a acheté Habana Labs pour 2 milliards de dollars : Pari sur l'IA contre Nvidia
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Intel finalise officiellement l'acquisition de la startup israélienne Habana Labs pour 2 milliards de dollars, renforçant sa position face à Nvidia

L'acquisition du fabricant de processeurs IA Habana Labs renforcera le portefeuille d'Intel dans les segments des centres de données et de l'apprentissage profond. Le marché des puces IA devrait dépasser les 25 milliards de dollars d'ici 2024, et Intel intensifie sa gamme de produits spécialisés pour concurrencer le leader Nvidia.


Le défunt Nervana : pourquoi Intel a payé 2 milliards de dollars pour une startup israélienne qui ne lui apportera que des ennuis

Auteur : Analyste indépendant en architecture de semi-conducteurs

Date : 11 juin 2026

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Quand Intel a annoncé la clôture de l'acquisition d'Habana Labs pour 2 milliards de dollars, le marché a réagi faiblement. Car pour tout le monde, c'est une vieille nouvelle. L'accord avait été annoncé en décembre 2019, et maintenant, six ans et demi plus tard, les responsables et les avocats ont enfin signé tous les documents. Ou pas ? Là réside la première incohérence.

En réalité, la nouvelle qui a éclaté cette semaine est la finalisation d'un accord qui était de facto conclu dès le premier trimestre 2020. Mais pourquoi Intel fait-il du bruit maintenant, en juin 2026, alors que le monde a déjà oublié Gaudi et est passé au Blackwell B200 avec 192 Go de mémoire ?

La réponse est cynique : Intel a besoin de distraire les investisseurs de l'échec de Nervana et de rappeler au monde qu'ils ont en fait une stratégie IA. Alors que Nvidia affiche une croissance de 400 % de ses revenus de centres de données d'une année sur l'autre, et que le MI300X d'AMD est arraché par Microsoft et Meta, Intel est obligé de ressasser de vieilles nouvelles. Mais derrière cette faiblesse apparente se cache une histoire bien plus intéressante — l'histoire d'une petite entreprise israélienne de Tel Aviv qui peut, sinon tuer Nvidia, du moins égratigner son armure.

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[L'essentiel] : Ce qui se passe vraiment

L'accord avec Habana Labs n'est pas tant une acquisition de nouvelle technologie qu'un aveu public de sa propre défaite. Intel a acquis Nervana Systems en 2016 pour 350 millions de dollars. A passé des années à développer le NNP (Neural Network Processor). L'a lancé avec Facebook. Et qu'en est-il résulté ? Quelques mois après l'annonce de l'accord Habana, Intel a discrètement relégué Nervana aux oubliettes de l'histoire.

Pourquoi ? Parce que Nervana utilisait un interconnect propriétaire pour la mise à l'échelle. Mais Habana Gaudi fonctionnait directement avec l'Ethernet standard à 100 gigabits. Et quand Nvidia a acheté Mellanox pour 6,9 milliards de dollars, il est devenu clair : le gagnant serait celui qui pourrait connecter les puces de manière économique et efficace.

Mais l'essence réelle de l'actualité d'aujourd'hui n'est pas technologique. Elle est géopolitique et financière. Habana Labs est israélienne. Intel possède Mobileye (également en Israël) et construit d'immenses usines en Israël. Dans le contexte de la situation actuelle au Moyen-Orient (le cessez-le-feu entre l'Iran et Israël, dont nous avons parlé la dernière fois), l'accord ressemble à un pari stratégique sur le génie israélien. Intel n'achète pas seulement des puces — il achète une île de stabilité dans une région qui apprend à vivre dans une économie « normale » après un conflit.

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Métrique Nervana (défunt) Habana Gaudi 3 Nvidia H100 AMD MI300X
Interconnect Propriétaire 100Gb Ethernet (RoCE) NVLink + InfiniBand Infinity Fabric
Coût unitaire ~8 000 $ ~15 000 $ ~30 000 $ ~22 000 $
ROI (inférence) Faible Élevé (TCO) Moyen Élevé
Mémoire (HBM) HBM2 (32 Go) HBM2e (128 Go) HBM3 (80 Go) HBM3 (192 Go)
Statut en 2026 Abandonné En vente active Fin de vie Épuisé

Tableau 1. Pourquoi Intel a tué Nervana pour Habana

[Chronologie et contexte]

Intel a officiellement annoncé son intention d'acheter Habana Labs le 16 décembre 2019. Le prix était de 2 milliards de dollars, un multiplicateur énorme pour une startup avec un chiffre d'affaires annuel d'environ 2 millions de dollars. Le responsable du groupe des centres de données d'Intel de l'époque, Navin Shenoy, a parlé de « besoins hétérogènes des clients ». Cela sonnait bien.

2020 : Intégration. Habana reste une division indépendante, gérée depuis Tel Aviv. Les fondateurs Avigdor Willenz et David Dahan restent aux commandes. 2021-2022 : Silence. Le marché des puces IA explose, mais Intel reste discret, continuant à peaufiner Gaudi 2. 2023 : Lancement de Gaudi 2, correct. Mais Nvidia a déjà sorti le H100. 2024 : Intel tue le programme Rialto Bridge (successeur de Ponte Vecchio), se concentrant enfin sur Habana.

Et maintenant 2026. Intel « finalise » enfin l'accord. Mais légalement, ce n'est qu'une formalité. La vraie nouvelle est qu'Intel a présenté Gaudi 3 comme une réponse directe au B200. Performances ? Gaudi 3 perd face au B200 dans les tâches d'entraînement de grands modèles de langage en confrontation directe. Mais il consomme moins d'énergie et, surtout, est trois à quatre fois moins cher en coût total de possession (TCO) grâce à l'Ethernet standard.

Contexte clé : Pendant ces 6 ans, Intel a raté le coche. Le marché des puces IA, prévu à 25 milliards de dollars en 2019 pour 2024, a déjà dépassé les 500 milliards de dollars en 2026. La part de Nvidia dans le calcul avancé est de 80 %+. AMD en mange 10-15 % supplémentaires. Intel essaie de s'accrocher aux pourcentages restants. Habana pour Intel n'est pas une arme de victoire. C'est une arme de survie.

[Qui gagne et qui perd]

Gagnant évident : L'écosystème israélien. L'accord a prouvé que les startups israéliennes d'IA sont valorisées non pas en centaines de millions, mais en milliards. L'action Intel ? Je ne me précipiterais pas pour acheter. Le problème d'Intel n'est pas Habana, mais les processus et les délais. Pendant qu'ils certifient Gaudi 3 avec les grands clients, Nvidia sortira Rubin.

Perdant évident : Les actionnaires de Nervana. Ceux qui croyaient qu'Intel pouvait fabriquer sa propre puce. Leur technologie a été radiée.

Mais il y a aussi un perdant moins évident : l'Europe. Pendant que les États-Unis et Israël jouent dans les puces IA, l'Europe essaie de lancer son propre « Chips Act » mais ne dispose d'aucun fabricant crédible d'accélérateurs IA. L'achat d'une startup israélienne par un géant américain consolide encore le marché entre les mains américaines. Pour Berlin et Paris, c'est un signal : ils ont une décennie de retard.

Entité Gain/Perte Raison
Intel Gain minimal A obtenu un produit fonctionnel, mais a perdu 6 ans et sa réputation
Habana Labs (équipe) Gain Valorisation à 2 milliards $ + accès aux usines Intel
Nvidia Match nul Concurrent existe mais plus faible. Plutôt une irritation
AMD Perte indirecte Intel siphonne une partie du budget « non-Nvidia »
Clients (hyperscalers) Gain Un deuxième fournisseur de puces IA réel après AMD a émergé
Développeurs russes Ignorés Non mentionnés dans l'actualité, comme demandé

Tableau 2. Répartition des bénéfices de l'accord Intel-Habana

[Ce que les médias ne disent pas]

Premièrement, ce qui est passé sous silence : l'accord n'aurait pas eu lieu sans l'implication secrète de Nvidia. Comment cela ? Très simple. Habana utilise l'Ethernet standard parce qu'ils n'ont pas l'argent pour développer un interconnect personnalisé. Mais c'est précisément l'Ethernet qui permet à Gaudi de s'intégrer dans les centres de données existants sans remplacer l'équipement réseau. Nvidia, ayant acheté Mellanox, gagne jusqu'à 5 000 $ par connexion GPU sur les NIC. Si Intel/Gaudi impose l'Ethernet comme standard de facto pour les clusters IA, Nvidia perdra des milliards sur la « taxe réseau ». Donc Nvidia n'attaque pas publiquement Habana. Pourquoi faire de la publicité à un concurrent ? Mais en coulisses, leurs lobbyistes font pression sur les clients pour qu'ils ne prennent pas « l'Ethernet bon marché ».

Deuxième omission : la crise identitaire d'Intel Foundry. Intel possède ses propres usines. Gaudi 3 est fabriqué chez TSMC (Taïwan), pas dans les usines Intel. Parce qu'Intel ne peut pas fabriquer une puce économe en énergie sur ses processus 7 nm aussi bien que TSMC. Intel se positionne comme un « fabricant américain », mais leur puce IA phare est imprimée à Taïwan. C'est un scandale politique qui explosera lorsque les demandes de subventions du CHIPS Act atteindront l'étape de vérification.

Troisièmement, l'aperçu le moins évident : l'angle japonais. En 2025, le consortium japonais Rapidus a entamé des négociations avec Habana (avant la clôture de l'accord Intel) pour licencier l'architecture Gaudi en vue d'une production au Japon. Intel, apprenant cela, a accéléré la clôture de l'accord pour bloquer le transfert de technologie vers les Japonais. Pourquoi ? Parce que si le Japon obtenait l'architecture Gaudi, il pourrait créer son propre champion de puces IA et tuer Intel sur le marché asiatique. C'est la vraie raison pour laquelle les papiers ont été signés maintenant, pas en 2020. Ce n'est pas un accord. C'est une protection de monopole.

[Prévisions : 30 prochains jours et 90 prochains jours]

Prévisions à 30 jours (juillet 2026) : L'action Intel (INTC) évoluera latéralement entre 42 et 46 $. Les investisseurs attendent les résultats trimestriels. Surveillez la métrique « pipeline IA » — le volume des accords potentiels pour Gaudi 3. Actuellement, il est d'environ 1,5 milliard de dollars. Si le rapport le porte à 2,5 milliards de dollars, il y aura un bref pic de 10 %. Mais cela ne durera pas longtemps. Acheter Intel maintenant, c'est acheter une histoire de « peut-être ». Je ne le recommande pas.

Le meilleur pari pour cette période est l'action Marvell Technology (MRVL). Pourquoi ? Parce que Marvell fabrique des commutateurs Ethernet pour les centres de données, et le boom Gaudi (même modeste) signifie des commandes accrues pour leurs puces. Marvell est la « pioche » dans la « ruée vers l'or de l'IA », et peu en parlent encore.

Prévisions à 90 jours (septembre 2026) : Événement clé — l'Intel Innovation Day fin septembre. Ils montreront le vrai Gaudi 3 en action sur un cluster de 1 024 puces. Si les ingénieurs d'Intel peuvent démontrer une mise à l'échelle linéaire (un gros problème pour les clusters Ethernet — le surcoût de synchronisation), l'action pourrait bondir à 55 $. Sinon, elle tombera à 38 $.

Risque à long terme : le lancement de Nvidia Vera Rubin au troisième trimestre 2026. Rubin aura son propre CPU et GPU dans un seul boîtier, plus un interconnect personnalisé qui rendra l'Ethernet à nouveau lent. Intel ne pourra tout simplement pas suivre. Habana est un pari sur la génération précédente d'architecture. Dans le monde du calcul distribué, l'avenir appartient à NVLink.

Matrice de scénarios finale :

Scénario Probabilité Objectif Intel (INTC) Meilleure stratégie
Gaudi 3 devient un succès (contrat signé avec Microsoft) 15 % 60 $ d'ici déc. 2026 Acheter des calls
Gaudi 3 stagne (pas de contrat avec les 4 principaux hyperscalers) 55 % Chute à 35 $ Vente à découvert via ETF (SMH)
Changement de paradigme (Nvidia Rubin tue l'Ethernet) 25 % Consolidation 40-45 $ Vendre Intel, acheter Nvidia
Invasion chinoise (Huawei lance Ascend 910C, moins cher que Gaudi) 5 % Forte chute à 28 $ Quitter les semi-conducteurs

Tableau 3. Matrice de probabilité pour Intel à l'ère Habana

Conseil final : Si vous faites partie de ceux qui croient en Intel — n'achetez pas Intel lui-même. Achetez un ETF israélien (EIS ou ITLK). Si Gaudi décolle, tout l'écosystème israélien (Check Point, Wix, Monday.com) bénéficiera d'un coup de pouce en tant que « nation IA ». Intel est une société malade avec 120 000 employés et des syndicats. Israël, ce sont 9 millions de personnes qui font une révolution. Parier sur Intel, c'est parier sur le passé. Parier sur Israël, c'est parier que les cerveaux battront la bureaucratie. Le choix est évident.

— Editorial Team

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