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Statoréacteur Lorin : Histoire et essais

L'article décrit l'invention du statoréacteur par René Lorin et son développement en URSS, en Allemagne et aux États-Unis. Les expériences sur les avions I-15, LaGG-3, P-51 et les projets Lippisch sont examinées. Les principes de fonctionnement et les limitations sont analysés.

Statoréacteur : Du tube de Lorin aux vols de chasse
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# Moteurs Statoréacteurs : De la Vision de Loren aux Projets Expérimentaux

En 1908, René Loren proposa un moteur à réaction directe basé sur un moteur à combustion interne à pistons, où les gaz d'échappement étaient dirigés vers une tuyère au lieu d'un tuyau d'échappement. Cela préfigurait l'idée d'une poussée supplémentaire sans remplacer l'hélice principale. En 1913, il développa le concept du statoréacteur (ramjet), démontrant une poussée dans une soufflerie avec un brûleur à l'intérieur d'un conduit convergent.

Concept et Expériences Préliminaires

Loren anticipa les limites des moteurs à hélice à grande vitesse : à une charge alaire de 300 kg/m², les hélices perdent en efficacité. Son « torpille aérienne » — un engin sans pilote de 500 kg transportant 200 kg d'explosifs — évolua d'un projet de 1910. Un statoréacteur fonctionne uniquement avec le flux d'air entrant : l'air est comprimé par le diffuseur d'entrée, chauffé par le brûleur, puis accéléré par la tuyère.

Le schéma du « tube Loren » était suspendu dans une soufflerie sur un levier muni d'un dynamomètre. Sans combustion, le flux d'air repoussait l'ensemble vers l'arrière ; avec le brûleur allumé, la poussée contrebalançait la force. Cela prouva le principe de la réaction sans turbine ni compresseur externe.

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Loren intégra le statoréacteur dans le nez du fuselage avec des ailes et une empennage minimaux, insistant sur la simplicité : absence de pièces mobiles pour une fiabilité accrue. L'idée intrigua Robert Esnault-Pelterie mais resta théorique.

Développements Soviétiques des Statoréacteurs

B.S. Stechkin étudia la théorie de Loren, influençant le GIRD. En 1933, le groupe mena des essais en vol : un statoréacteur dans un obus de 76 mm avec phosphore augmenta la portée de 1 km.

En 1939, Igor Merkoulov créa le DM-2 pour l'I-15bis : une paire de moteurs sous l'aile inférieure du biplan. Testés sur I-153, Yak-7B et LaGG-3. Les pilotes activaient les statoréacteurs en combat pour la poursuite, le moteur à pistons restant principal.

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  • I-15bis : Premier vol le 25 janvier 1940 ; atterrissage avec moteurs en feu alerta les pompiers.
  • LaGG-3 : Le statoréacteur de Bondaryuk s'éteignit au sol à cause des tourbillons du souffle d'hélice d'un autre avion, manquant de peu d'incendier le hangar.

Envisagés pour la croisière sur le BI et « 302 » avec moteurs-fusées d'appoint.

Projets Allemands et Américains

Les Allemands appelaient les statoréacteurs « tubes Loren ». Alexander Lippisch les intégra dans l'aile volante P.13a : un delta à faible allongement avec combusteur plat et tuyère, carburant à base de poussière de charbon compressée. Le planeur fut testé en soufflerie : profil d'aile décevant, mais idées menant au P-92 (fusée + statoréacteur cylindrique), puis XF-92A à turboréacteur.

Eugen Sänger, après Silbervogel, travailla sur les statoréacteurs. Mstislav Keldysh les proposa pour des bombardements en piqué depuis des avions à moteurs-fusées. L'A-6 de von Braun — une A4b (variante V-2) à ailes — ajoutait des statoréacteurs sous la queue.

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Les Américains les montèrent sur P-51D Mustang et P-80A Shooting Star : pods d'appoint Marquardt sous les ailes pour des accélérations.

Évolution et Limites

Les statoréacteurs servaient d'accélérateurs : simples, mais dépendants de la vitesse (allumage à M=0,3–0,4). Carburants : kérosène, essence ou mélanges solides. Inconvénients : faible efficacité à basse vitesse, surchauffe, instabilité de combustion.

Les projets tracèrent le chemin de la théorie à la pratique :

  • Démonstrations de poussée en essais statiques.
  • Expériences en vol sur avions à pistons.
  • Intégration dans missiles de croisière et ailes volantes.

Bien que les turboréacteurs l'emportèrent, les principes des statoréacteurs sous-tendent les systèmes hypersoniques.

Points Clés

  • Loren inventa le statoréacteur en 1913 comme alternative supersonique aux hélices.
  • Les DM-2 soviétiques volèrent sur biplans et LaGG-3.
  • Lippisch les intégra dans des deltas au charbon pour haute vitesse.
  • Limite : nécessite un flux d'air entrant, pas de démarrage statique.
  • Influença missiles et intercepteurs pré-turboréacteurs.

— Editorial Team

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