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Histoire des ordinateurs : de Babbage au Z3

L'article décrit l'évolution des calculateurs mécaniques de Pascal et Leibniz aux machines à différences et analytiques de Babbage, puis aux Z1-Z3 électromécaniques de Zuse. En détail : algorithmes d'approximation, mémoire, entrée par cartes perforées. Comparaison avec le Mark I.

Genèse des ordinateurs : Babbage, Zuse et premiers relais
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L'Aube de la Révolution Numérique : Des Calculateurs Mécaniques aux Premiers Ordinateurs

La révolution numérique trouve ses racines dans des dispositifs mécaniques du XVIIe siècle. La machine de Pascal ne pouvait effectuer que des additions, tandis que celle de Leibniz prenait déjà en charge toutes les opérations de base : addition, soustraction, multiplication et division. Le mécanisme d'Anticythère, peut-être créé par Archimède, modélisait le mouvement des planètes mais pas l'arithmétique.

Au XIXe siècle, les fonctions de calcul sont devenues une nécessité pour les ingénieurs. Les fonctions trigonométriques et logarithmiques étaient approximées à l'aide de séries de Taylor—des sommes de polynômes à convergence rapide.

Les calculs manuels entraînaient des erreurs. Par exemple, William Shanks a passé 15 ans à calculer π avec 707 chiffres, mais a commis une erreur au 528e chiffre, ce qui a faussé les 180 chiffres suivants.

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La Machine à Différences de Babbage

Charles Babbage a proposé une machine mécanique pour approximer des fonctions en utilisant les N premiers termes d'une série de Taylor. L'algorithme utilisait les différences entre les valeurs successives des polynômes, permettant une sommation efficace basée sur les résultats précédents.

La machine stockait les différences dans 6 registres de 18 chiffres décimaux chacun (roues dentées à 10 dents). Un septième registre contenait le résultat. Les erreurs s'accumulaient, donc l'opérateur corrigeait manuellement le dernier registre (par exemple, tous les quelques degrés pour la trigonométrie). Un signal sonore le lui rappelait.

De plus : les résultats étaient imprimés sur des plaques de cuivre pour éliminer les erreurs de transcription.

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Le projet n'a jamais été achevé par manque de financement, mais Georg Scheutz a construit une version simplifiée pour les logarithmes, vendue au gouvernement. À la fin du XXe siècle, des passionnés ont assemblé l'original d'après les dessins de Babbage.

De la Machine à Différences à la Machine Analytique

La correction manuelle des registres a inspiré la machine analytique. Elle était conçue pour modifier automatiquement les valeurs des registres en fonction d'une logique, libérant ainsi l'opérateur.

Innovations clés :

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  • Programmation par cartes perforées (inspirée du métier à tisser de Jacquard).
  • 1 000 cellules de mémoire pour les résultats intermédiaires.
  • Prise en charge des boucles : répétition des commandes jusqu'à ce qu'une condition soit remplie.
  • Sortie : impression stéréotype ou cartes perforées.

La machine était prévue avec 50 000 roues et une alimentation à vapeur—trop ambitieuse pour l'époque. Ada Lovelace a écrit les premiers programmes, dont un algorithme pour les nombres de Bernoulli avec des boucles récursives.

Évolution Électromécanique : De Z1 à Z3

La deuxième révolution industrielle a ajouté des entraînements électriques aux calculateurs. En 1936, Konrad Zuse a commencé le Z1—un modèle mécanique sur rails, utilisant l'arithmétique binaire en virgule flottante (addition, soustraction, multiplication, division). 64 mots de 22 bits chacun, entrée via clavier, surface 4 m².

Z2 (1939) : relais au lieu de rails dans le processeur, entrée sur bande perforée photographique.

Z3 (1941) : relais dans la RAM, racine carrée. Utilisé pratiquement pour l'aérodynamique des avions. Vitesse : addition 0,8 s, multiplication 3 s. Boucles—par épissage de la bande perforée, sans sauts conditionnels.

Comparaison avec le Mark I

| Caractéristique | Z3 | Mark I |

|---------------|----|--------|

| Mémoire (mots) | 64 (22 bits) | 72 |

| Addition | 0,8 s | 0,3 s |

| Multiplication | 3 s | 6 s |

| Système numérique | binaire | décimal |

| Entrée | bande perforée | bande perforée |

| Taille | compact | 17×2,5 m |

Mark I (1944, Howard Aiken)—basé sur des relais, boucles via des boucles de bande perforée.

Points Clés à Retenir

  • Les machines mécaniques ont résolu le problème des erreurs dans les calculs manuels de fonctions en utilisant les séries de Taylor.
  • Les cartes perforées et les boucles dans la machine analytique ont jeté les bases de la programmation.
  • Z3—le premier ordinateur numérique fonctionnel (1941), un précurseur des machines Turing-complètes.
  • La transition de la mécanique aux relais a accéléré les calculs mais a conservé des limitations de vitesse et de mémoire.
  • Héritage : des roues dentées aux algorithmes d'approximation modernes.

— Editorial Team

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