Langue russe dans les interfaces IT : nouvelles obligations légales à partir du 1er mars 2026
À compter du 1er mars 2026, l’article 10.1 de la loi sur la protection des droits des consommateurs impose que toute information publique non commerciale destinée aux consommateurs soit fournie exclusivement en russe. Cette règle s’applique aux sites web, applications mobiles et interfaces de logiciels SaaS — boutons, menus, plans tarifaires, bannières cookies, etc. Rospotrebnadzor a confirmé que les plateformes en ligne sont considérées comme des espaces publics soumis à cette obligation. La seule exception : les marques déposées et les noms de produits comme Kaspersky ou JetBrains peuvent rester en langue originale.
La loi ne s’applique pas aux échanges B2B entre entreprises, mais les services SaaS proposant des abonnements aux particuliers sont concernés si leur contenu public cible directement les consommateurs.
Exceptions pour les marques
Les noms commerciaux et marques mentionnés au paragraphe 4 de l’article 10.1 de la loi sur la protection des droits des consommateurs sont exonérés de traduction. Le dépôt auprès de Rospatent confère une priorité à compter de la date de dépôt, avec un délai de traitement de 10 à 18 mois. Toutefois, la protection est limitée aux classes de la classification de Nice indiquées lors de l’enregistrement.
Problème courant : Un produit dont le nom technique est en anglais, mais qui comporte plus de 40 éléments d’interface (bouton « S’inscrire gratuitement », menu « Fonctionnalités », tarification entreprise) nécessitant une traduction. Le texte visible à l’utilisateur autour de la marque constitue une information consommateur.
Vérifiez le registre : étendre la portée du produit à de nouvelles classes de Nice exige un nouvel enregistrement.
Frontière entre contenu protégé et traduisible
Des tests sur un site SaaS typique révèlent des violations fréquentes :
- Logo Flowtrack (marque déposée) — autorisé
- Bouton « Sign up for free » — doit avoir une version russe
- Menu « Features » — doit être traduit
- Tarification « Enterprise » — doit être traduite
- Support dans le pied de page — doit être traduit
- Bannière cookies « We use cookies. Accept » — doit être traduite
Les emprunts stables issus du dictionnaire de l’Institut de linguistique de l’Académie des sciences de Russie (ruslang.ru), comme digital, networking, tracker, peuvent rester en anglais. Sans confirmation du dictionnaire, les termes comme dashboard, feature, update doivent être traduits.
Les chemins URL (/dashboard) en tant qu’identifiants techniques sont exemptés de la loi, contrairement aux titres et en-têtes de page.
Publicité vs. Information : des règles différentes
Le contenu publicitaire est régulé par la loi sur la publicité et la loi sur la langue nationale : le texte en anglais doit être dupliqué en russe, avec les mêmes police, couleur et taille. Le contenu non publicitaire (navigation, instructions) doit être en russe uniquement.
| Type de contenu | Exigences |
|------------------|----------|
| Publicité (ex. bannière « Try Analytics Pro ») | Duplication intégrale en russe obligatoire |
| Information (ex. « Fonctionnalités : tableau de bord en temps réel ») | Russe uniquement |
| Zone grise (promo sur pages de destination) | Russe principal + anglais optionnel |
Dans les systèmes intégrés (Slack, Jira), traduisez votre propre texte d’interface (ex. « Open in Slack »), mais conservez les noms de service comme marques déposées.
Risques et sanctions
Les infractions relèvent de l’article 14.8, paragraphe 1 du Code des infractions administratives : amendes de 5 000 à 10 000 roubles pour les organisations. Si la publicité est impliquée, les amendes peuvent atteindre jusqu’à 500 000 roubles selon l’article 14.3. Les contrôles sont déclenchés par des plaintes de tout visiteur de site.
Les dommages à la réputation dépassent souvent les sanctions financières — les annonces de sanctions pour interfaces en anglais seul nuisent gravement aux marques technologiques.
Étapes concrètes pour se conformer
- Audit des marques : vérifiez l’état d’enregistrement et les classes de Nice ; déposez de nouveaux brevets si nécessaire.
- Analyse automatique du texte : utilisez des outils automatisés pour détecter les caractères latins dans les boutons, menus, notifications push, messages d’erreur ; complétez par une revue manuelle.
- Contrôle du glossaire : excluez les termes non établis comme dashboard.
- Segmentation du contenu : publicité = bilingue ; information = russe uniquement.
- Documentation interne : émettez des ordres de conformité, désignez des responsables, élaborez des guides internes.
Automatisez les audits grâce à des scripts analysant l’usage des caractères cyrilliques vs latins pour une couverture rapide.
Points clés
- Les marques sont protégées, mais le texte d’interface ne l’est pas — traduisez les boutons, menus, bannières.
- Les sites publics et applications orientées consommateur sont concernés ; les B2B purs sans utilisateurs individuels sont exemptés.
- Les amendes sont modérées (5 000–10 000 roubles), mais les risques réputationnels et l’évolution future de l’application de la loi sont importants.
- Les emprunts stables (tracker, digital) du dictionnaire ruslang.ru peuvent rester en anglais.
- La publicité doit être doublée ; le contenu informatif doit être en russe uniquement.
— Editorial Team
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